Commencer par l'entourage et le bouche-à-oreille
Pour beaucoup de gestionnaires, le premier logement appartient à quelqu'un qu'ils connaissent déjà. Un oncle qui laisse son appartement vide la plus grande partie de l'année, une collègue qui a hérité d'un riad, un ami parti vivre à l'étranger qui ne sait plus quoi faire de son studio.
Avant de chercher loin, faites la liste. Famille, amis, anciens collègues, voisins, membres de votre club de sport : qui possède un bien qu'il n'occupe pas, ou qu'il loue mal ? Dites simplement autour de vous que vous lancez une activité de gestion de location courte durée. Pas de discours commercial, une phrase suffit : ce que vous faites, dans quelle ville, et que vous cherchez vos premiers logements.
Le piège, avec l'entourage, c'est le travail fait « entre nous ». Pas de contrat, une commission floue, un compte rendu quand on y pense. Ce premier bien est pourtant votre vitrine. Traitez-le exactement comme celui d'un inconnu : contrat signé, comptes clairs, photos du logement après chaque ménage. Si tout se passe bien, ce propriétaire deviendra votre meilleur ambassadeur, et c'est lui qui parlera de vous au suivant.
Le bouche-à-oreille se travaille aussi. Après quelques semaines de gestion sans accroc, demandez franchement à votre propriétaire s'il connaît quelqu'un dans la même situation. La plupart des gens ne pensent pas à recommander. Ce n'est pas l'envie qui manque, c'est qu'on ne leur a jamais posé la question.
Agents immobiliers et syndics : des relais, pas des listings
Un agent immobilier croise chaque semaine des propriétaires qui hésitent : celui qui vient d'acheter pour investir et ne sait pas comment louer, celui qui n'arrive pas à vendre et laisse le bien vide, celui qui sort d'une mauvaise expérience en location longue durée. Pour l'agent, vous êtes une solution de plus à proposer à ses clients, sans concurrence avec son métier, puisque vous ne vendez pas et ne louez pas à l'année.
Allez le voir en personne, dans son agence, avec une présentation courte de votre activité. S'il vous envoie des propriétaires de façon régulière, mettez par écrit ce que vous lui offrez en retour (un montant fixe par mandat signé, par exemple) plutôt que de laisser un arrangement oral s'user avec le temps. Un partenaire qui sait ce qu'il y gagne recommande plus volontiers.
Les syndics et les gardiens de résidence, eux, connaissent les propriétaires absents. Mais un syndic n'a pas à vous transmettre les coordonnées des copropriétaires, et il ne faut pas le lui demander. La bonne démarche consiste à lui laisser une carte ou une plaquette qu'il remettra lui-même à ceux que cela intéresse. C'est plus lent, mais c'est propre. Profitez-en pour regarder ce que dit le règlement de la résidence : c'est la copropriété, pas le syndic seul, qui peut encadrer la location courte durée, et mieux vaut le savoir avant de proposer vos services dans un immeuble.
Les annonces mal tenues : une piste à aborder avec tact
Parcourez les annonces de votre ville sur Airbnb ou Booking.com. Vous trouverez vite des logements bien situés avec des photos sombres, une description de trois lignes, des avis qui parlent de ménage approximatif ou de réponses lentes, un calendrier vide en pleine saison. Derrière, il y a souvent un propriétaire qui gère seul, qui manque de temps, et qui n'a jamais pensé à déléguer.
C'est une vraie piste, à condition de la traiter avec respect. Trois règles à tenir :
- Pas de prospection par la messagerie des plateformes. Elle sert aux échanges liés aux séjours, et les règles d'Airbnb interdisent de l'utiliser pour du démarchage. Vous risquez votre propre compte, et surtout vous donnez une mauvaise image de vous avant même d'avoir commencé.
- Un canal public et professionnel, sinon rien. Si l'hôte affiche une page professionnelle, un site ou un compte Instagram dédié à son logement, vous pouvez lui écrire par ce biais. Sinon, passez votre chemin, ou attendez de le croiser par votre réseau.
- Un message, une relance, puis on s'arrête. Un message court et personnalisé, avec une observation précise (« vos photos ne montrent pas la terrasse, alors que c'est ce qui distingue votre logement »), une proposition simple d'échanger, et le respect du silence s'il n'y a pas de réponse. Jamais de copier-coller envoyé à cinquante hôtes.
Ne critiquez jamais le travail du propriétaire. Il a monté son annonce seul, souvent avec soin. Votre rôle est de montrer ce que vous pourriez ajouter, pas de lui expliquer ce qu'il fait mal. Gardez aussi en tête que les coordonnées que vous notez restent des données personnelles : pas de fichier de prospects constitué sans base légale. Notre guide de la loi 09-08 pour les conciergeries explique ce que cela implique au quotidien.
Les MRE, propriétaires à distance
Les Marocains résidant à l'étranger forment une clientèle naturelle pour une conciergerie. Beaucoup ont acheté au pays pour les vacances, pour la retraite ou pour placer leur épargne, et le logement reste fermé une bonne partie de l'année. Leur besoin tient en une phrase : quelqu'un de fiable sur place, qui rend des comptes, et qui libère le logement quand la famille veut l'occuper l'été.
Leur première inquiétude n'est pas le prix, c'est la confiance. Ils ne peuvent pas passer voir le logement un mardi après-midi. Pour les rassurer :
- proposez un appel vidéo depuis le logement, pièce par pièce, dès le premier contact ;
- montrez un exemple réel du compte rendu que vous envoyez chaque mois ;
- prévoyez dans le contrat les périodes que le propriétaire bloque pour sa famille, avant même qu'il le demande ;
- donnez-lui un accès en lecture au calendrier et aux réservations.
Pour les rencontrer, l'été reste le moment des retours au pays, donc des rendez-vous en personne. Le reste de l'année, ce sont les groupes et associations de la diaspora, et surtout la recommandation : un MRE satisfait connaît d'autres familles dans la même situation, en France, en Belgique, en Espagne ou aux Pays-Bas.

Réseaux sociaux : montrer plutôt que vendre
Sur Facebook, Instagram ou LinkedIn, un propriétaire ne cherche pas un vendeur. Il cherche quelqu'un qui a l'air de savoir ce qu'il fait. Le contenu qui fonctionne le mieux est donc concret : la préparation d'un logement avant l'arrivée de voyageurs, un ménage contrôlé photo à l'appui, une annonce refaite avec de nouvelles photos, le message d'un voyageur content de son séjour. Toujours avec l'accord du propriétaire, et sans jamais dévoiler l'adresse.
Les groupes Facebook d'expatriés, de propriétaires ou d'investisseurs de votre ville sont une autre porte d'entrée. Lisez les règles du groupe, ne publiez pas d'annonce là où c'est interdit, et répondez plutôt aux questions qui passent : comment déclarer ses revenus locatifs, quelle fiche remplir pour les voyageurs, comment fixer un prix en basse saison. Au bout de quelques mois, c'est votre nom qui revient quand quelqu'un demande un gestionnaire sérieux.
Visez la régularité plutôt que l'intensité. Un post utile par semaine pendant six mois vaut mieux qu'une semaine de publications quotidiennes suivie d'un long silence.
Être trouvé par les propriétaires qui cherchent déjà
Tous les canaux précédents demandent d'aller vers le propriétaire. Il en existe un où c'est lui qui vient à vous : les annuaires spécialisés, consultés par des gens qui ont déjà décidé de confier leur bien et qui comparent les gestionnaires de leur ville.
dar-bnb référence les conciergeries actives au Maroc, ville par ville. Une fiche complète, avec vos services, votre zone d'intervention, une explication claire de vos tarifs et de vraies photos des logements que vous gérez, vous rend visible auprès de ces propriétaires sans dépenser un dirham en publicité. L'inscription d'une conciergerie sur dar-bnb est gratuite et prend quelques minutes.
Soignez cette fiche comme une vitrine. Un propriétaire qui hésite entre trois gestionnaires regarde d'abord la clarté de l'offre : ce qui est inclus, ce qui est facturé à part, et qui il aura au téléphone en cas de problème.
Préparer son dossier propriétaire
Le jour où un propriétaire accepte de vous rencontrer, vous devez pouvoir lui laisser quelque chose de concret. Pas une plaquette de vingt pages, un dossier court qui répond aux trois questions qu'il se pose vraiment : qu'est-ce que je signe, comment je saurai ce qui se passe chez moi, combien ça me coûte.
- Le contrat. Un modèle prêt et relu, qui précise la commission, la durée, le préavis, les responsabilités de chacun et la prise en charge des dégâts. Notre checklist du contrat de gestion locative liste les clauses qu'un propriétaire averti s'attend à trouver.
- Le compte rendu. Un exemple du relevé mensuel que vous enverrez : réservations, revenus encaissés, commission, dépenses engagées avec justificatifs, état du logement. Si vous n'avez encore aucun client, préparez un exemple sur un logement fictif et dites-le clairement.
- Les prix. Votre commission, ce qu'elle couvre, et tout ce qui est facturé en plus : ménage, linge, produits d'accueil, mise en ligne, petites réparations. Les propriétaires se méfient à raison des mauvaises surprises, et notre article sur les frais cachés des conciergeries montre où elles se cachent d'habitude. Tout afficher dès le départ reste votre meilleur argument.
- Votre façon de travailler. Qui fait le ménage, qui accueille les voyageurs, comment vous gérez une urgence à 23 h, quels outils vous utilisez pour les annonces et les calendriers.
Ajoutez une page sur vous : votre parcours, pourquoi vous faites ce métier, et un numéro où l'on vous joint vraiment. Pour un premier client, la personne compte autant que l'offre.

Le premier rendez-vous
Faites-le dans le logement si c'est possible. Vous verrez l'état réel du bien, le quartier, l'accès, le stationnement, tout ce qui comptera pour les voyageurs. Et le propriétaire vous verra dans votre rôle, en train d'observer et de poser des questions plutôt que de réciter une présentation.
Écoutez d'abord. Que veut-il vraiment ? Un revenu régulier, ne plus s'occuper de rien, garder le logement pour la famille certains mois, préparer une revente ? Ses réponses décident de la suite. Une conciergerie qui propose la même chose à tout le monde passe souvent à côté de ce qui compte pour la personne en face.
Sur les revenus, restez prudent. Montrez des annonces comparables du quartier et leurs prix, expliquez ce qui fait varier le résultat (saison, qualité des photos, avis, prix ajusté selon la demande), mais ne promettez aucun chiffre. Un propriétaire à qui l'on a promis trop sera déçu même avec de bons résultats. Celui à qui l'on a parlé franchement sera agréablement surpris.
Ne cherchez pas la signature le jour même. Repartez avec ses questions, puis envoyez sous quarante-huit heures un résumé écrit de ce que vous avez compris de ses attentes, votre proposition et le contrat. Rappelez une fois. Un « non » poli aujourd'hui peut devenir une recommandation dans six mois, si vous êtes partis en bons termes.
Apprendre des autres gestionnaires
Trouver ses premiers propriétaires, c'est aussi une question de méthode, et cette méthode s'apprend plus vite auprès de gens qui sont passés par là. Échangez avec des gestionnaires d'autres villes, qui ne sont pas vos concurrents directs : ils vous diront ce qui a marché pour eux, comment ils ont tourné leurs premiers messages, ce qu'ils regrettent de ne pas avoir mis dans leur premier contrat. Si vous partez de zéro, notre guide pour ouvrir une conciergerie au Maroc reprend aussi les bases du statut et du cadre légal.
Certains choisissent de se faire accompagner. Le Réseau, un réseau marocain qui accompagne les gestionnaires de conciergerie, en est un exemple. Sur dar-bnb, les conciergeries accompagnées par Le Réseau portent d'ailleurs le badge « Certifié par Le Réseau » sur leur fiche, un repère de plus pour un propriétaire qui hésite entre plusieurs gestionnaires.
Seul ou accompagné, le principe reste le même : chaque propriétaire bien servi vous en amène d'autres. Les premiers sont les plus durs à convaincre. Ce sont aussi eux qui vous apprendront le métier.
Vos premiers propriétaires vous cherchent peut-être déjà
Inscrivez gratuitement votre conciergerie sur dar-bnb pour être visible auprès des propriétaires qui comparent les gestionnaires de votre ville.
Inscrire ma conciergerieQuestions fréquentes
Combien de logements faut-il pour lancer une conciergerie ?
Un seul suffit pour commencer. Le premier logement sert surtout à roder votre façon de travailler et à vous constituer un historique : avis de voyageurs, exemples de comptes rendus, photos. C'est cet historique qui aidera à convaincre les propriétaires suivants.
Faut-il baisser sa commission pour décrocher ses premiers clients ?
Ce n'est pas obligatoire. Si vous faites un geste, limitez-le dans le temps et écrivez-le dans le contrat (une commission réduite les premiers mois, par exemple), pour que le retour au tarif normal ne soit pas une surprise. Un prix trop bas et sans limite attire surtout des propriétaires qui partiront dès qu'ils trouveront moins cher.
Peut-on contacter un hôte par la messagerie Airbnb pour lui proposer ses services ?
Non. La messagerie des plateformes est réservée aux échanges liés aux séjours, et le démarchage y est contraire aux règles d'Airbnb. Passez par un canal public et professionnel de l'hôte s'il en affiche un, ou par votre réseau.
Comment rassurer un propriétaire MRE qui ne peut pas visiter ?
Proposez un appel vidéo depuis le logement, montrez un exemple réel de compte rendu mensuel, donnez-lui un accès en lecture au calendrier et prévoyez dans le contrat les périodes qu'il garde pour sa famille. Pour un propriétaire à distance, la transparence compte plus que le prix.
L'inscription d'une conciergerie sur dar-bnb est-elle payante ?
Non, l'inscription est gratuite. Elle permet d'apparaître dans l'annuaire de votre ville, consulté par des propriétaires qui cherchent un gestionnaire près de chez eux.

